Gaël Brisou
Rencontre avec Gaël Brisou, 38 ans, décorateur
Avec l’encouragement de sa mère, Gaël commence très petit à pratiquer le dessin mais ce n’est qu’à l’adolescence qu’il découvre la vraie nature du dessin qui peut raconter une histoire, exprimer un univers intérieur. Cela devient très vite un moyen d’extérioriser ses envies et ses fantasmes.
A la sortie du collège, il intègre directement l’école Emile Cohl, car à l’époque ce cas de figure était possible. C’est alors l’école d’art qui va lui apporter les sciences nécessaires au dessin.
Être Décorateur de dessin animé
A sa sortie de l’école, il intègre immédiatement le Studio Folimage pour se charger de la création des décors de dessin animé. Un travail assez similaire avec l’illustration pour laquelle il avait été formé à l’école Emile Cohl.
Gaël doit donc exécuter des décors définis dans une charte graphique sur un laps de temps donné. Chaque nouvelle production ou nouvelle série a ses codes, ses contraintes techniques, c’est pourquoi il faut être polyvalent. Il faut savoir jongler du pinceau à la craie en passant par l’aquarelle. Et même si l’ordinateur est de plus en plus utilisé, la majorité du travail est encore faite à la main.
On lui donne d’abord un cadre de travail et un layout ce qui lui laisse peu de place pour exprimer sa créativité.
Le travail de décorateur reste un travail d’exécutant. Cependant il permet de voyager dans les techniques, dans les graphismes. Les compteurs sont remis à zéro à chaque fois et il reste toujours la volonté de faire du bon dessin, du dessin fort.
Gaël travaille avec des animateurs, des coloristes, des scénaristes ou encore des responsables du son car le dessin animé est une discipline très compartimentée qui place chaque individu à un poste défini. Ce travail de chaîne pourrait même se faire sans que les protagonistes n’aient à se rencontrer, mais Folimage insiste pour que tous ses employés se déplacent et travaillent ensemble pour une meilleure collaboration.
Les revenus
« Ils ont commencé à 2700 franc (450€) par mois » et ce sont des revenus très définis ce qui rend le secteur presque industriel. Mais avec les années cela à bien entendu évolué pour Gaël qui touche maintenant près de 1500€ par mois. Chiffre qui peut varier selon trois grilles de payement adaptées aux projets, qu’ils soient pour la télévision, le cinéma ou les courts-métrages d’auteur. Des revenus qui sont assez bas mais pour l’instant « je vis bien de ma passion, malgré mon statut d’intermittent du spectacle. J’arrive à avoir une vie sédentaire avec ma famille même s’il m’arrive de traverser des périodes de chômage parfois longues car il n’y a pas vraiment de sécurité du travail dans ce secteur ». De toute manière le travail reste pour Gaël un plaisir, il le fait parce qu’il a envie de le faire : « mon métier me construit, me constitue. »
Conseil d’un professionnel
C’est à lui de savoir si il en a envie ou pas, il n’y a pas de voie royale : le dessin est une question de persévérance et ce n’est en aucun cas un parcours professionnel stable. Mais même si au final le dessin ne devient pas un métier et que l’on fait autre chose, cela n’aura pas été en vain et l’on aura bien avancé dans sa vie.
