Günther Gheeraert

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© Günther Gheeraert

Rencontre avec Günther Gheeraert, 26 ans, Motion Designer

Quels ont été vos tous premiers rapports avec le dessin ?

Pour moi le dessin a toujours été comme une évidence.
Je n’étais pas attiré par la musique ou les voitures, ou encore que sais je… Non, moi j’avais toujours un crayon à la main. Je tentais à l’époque de recopier mes bandes dessinées préférées et je réalisais déjà mes premiers « albums » avec mes propres petites histoires.

Ensuite au collège j’ai pris des cours de dessin aux Beaux Arts. Une expérience très enrichissante qui m’a ouvert les voies à beaucoup d’autres formes d’expressions dans le dessin, comme la peinture ou la sculpture. Aussi plus que le dessin, je me suis rendu compte à ce moment là que ce que j’aimais, c’était raconter des histoires.

Comment se sont déroulées vos études ?

Pour mes parents il semblait difficile de concilier vie professionnelle et ma passion pour le dessin. Pourtant j’ai toujours continuer à bien étudier, et en même temps à griffonner pour amuser la galerie avec mes petites bandes dessinées.

Étant bon élève, j’ai fait une terminale S et obtenu mon BAC. J’ai ensuite intégré un I.U.T informatique et j’ai eu mon DUT Génie Programmation. Malgré un parcours qui semblait jusque là tout tracé, j’ai décidé de plaquer l’informatique et de tenter l’école Emile Cohl. Mes parents m’ont fait confiance et m’ont soutenu, je ne les remercierai jamais assez. Finalement je concilie aujourd’hui dessin et informatique au sein de vente-privee.com !

Votre profession ? Comment s’est déroulée votre intégration dans le monde du travail ?

Je suis Motion Designer au sein de Vente-privee.com à Paris depuis août 2007, c’est à dire que je réalise des clips vidéos sur internet pour des ventes évènementielles impliquant de grandes marques internationales.

Mon premier contact avec cette entreprise à eu lieu à l’école Emile Cohl durant les entretiens élèves-entreprises. J’ai de suite été attiré par l’esprit jeune et dynamique de VP. Ils m’ont demandé de faire un test d’une bande annonce et j’ai réussi. J’ai très bien intégré cette grande entreprise qui garde une âme familiale. Tout s’est plutôt bien passé pour moi.

En quoi consiste exactement ce métier ainsi que ses étapes et outils ?

Mon job consiste à créer de A à Z un trailer ou « bande annonce » pour des ventes événementielles de grandes marques pour le site de vente-privee.com.

Au départ de la vente nous faisons un brief avec la responsable de la vente, le photographe, la responsable shooting et le musicien. Nous devons trouver une idée, comme on le ferait pour une pub TV. A partir de cette idée, je réalise un storyboard qui devra être validé par le client. Une fois que l’idée est validée, tout va très vite. Un shooting est mis en place avec des mannequins, des décors si besoin, ou même en extérieur. Une musique est spécialement créée pour ma bande annonce. J’ai ensuite 5 jours pour utiliser ces différents médias:  photos, musique, vidéos, pour créer de toute pièce une vidéo d’environ 30 secondes à une minute. La bande annonce est ensuite validée par la marque elle même, je n’ai pas d’autre intermédiaire.

Quels sont les avantages et inconvénients de ce métier ?

C’est très valorisant de pouvoir être son propre directeur artistique ! Je donne mes idées, crée le storyboard, tout ou presque vient de moi et personne n’est derrière moi pour me dicter comment faire mon travail, nous sommes donc très libres. Il faut du coup être autonome très vite, mais l’équipe est composée de profils variés, tous à l’écoute d’éventuelles questions.

On a un grand nombre de logiciels à notre disposition, et c’est vraiment une chance car on apprend tous les jours de nouvelles choses. Evidemment il faut être à l’écoute de toutes les nouveautés et avoir un esprit créatif.

On crée une bande annonce par semaine en moyenne, ce qui constitue autant d’idées originales à avoir. Cela permet vraiment de pouvoir s’exprimer à volonté, mais en contre partie, il faut sans cesse se renouveler au niveau des idées et des visuels.

Le motion design m’a attiré vers la réalisation de vidéos, du clip musical, l’utilisation sans cesse de nouveaux formats comme la haute définition, l’utilisation de caméras HD et du nouveau matériel. Il m’a attiré vers l’animation, le stop motion, la 3D et beaucoup d’autres formes d’expressions. C’est une vraie chance !

Quels sont les métiers qui gravitent autour du votre ? Les collaborations sont-elles courantes ?

Il y a une multitude de métiers qui gravitent autour du mien.

La bande annonce requiert de nombreux acteurs, comme la responsable de vente qui organise tout les petits détails de la création, le photographe qui prend en photo les mannequins qui sont coiffés et maquillés par le coiffeur/maquilleur, la responsable du shooting qui va préparer tous les éléments nécessaires : le set, les accessoires, le décor, et qui est aidé par l’assistant shooting. Il y a bien sur le musicien qui crée une musique originale en studio pour les besoins de la bande annonce.

Qui sont vos clients ?

Nos clients sont directement les grandes marques, comme Nike, Puma, Reebok, Lalique, Nitya, etc.

La vente est organisée par la responsable de vente au sein de VP. La bande annonce est validée directement par la marque.

Quel est le lien qui uni ce métier au dessin ?

Forcément un lien très fort unit motion design et dessin. Le motion design met en mouvement du graphisme, de la vidéo, de la musique et parfois du dessin pur. Il m’arrive fréquemment de faire des bandes annonces animées pour VP. C’est un vrai défi de produire 30 secondes de dessin animé en 5 jours de production, mais c’est aussi ça le challenge VP!

Quels sont vos revenus ? Ont-ils évoluer avec les années ?
On sait que les métiers du dessin ont pour réputation d’être des professions de vocation et non portées sur la rémunération, pensez-vous que l’ont peut vivre de sa passion ?

Je suis en CDI à 29000 euros par an. L’embauche au départ est à 24000K euros. Il y a donc des augmentations, des primes. Nous sommes plutôt bien rémunéré dès l’entrée à VP. Tout dépend aussi de l’expérience passée. Pour le coup je vis assez bien de ma passion oui.

Qu’elle satisfaction personnelle tirez-vous de votre profession ?

Je tire la satisfaction de voir mes bandes annonces vues chaque semaine par des milliers de clients VP. Vous pouvez voir mes travaux les plus réussis sur ma bande demo sur mon site http://gunther-gheeraert.com ou sur mon Vimeo : http://www.vimeo.com/gunthy/videos .

Quel est pour vous l’avenir du métier?

Le motion design est en plein essor. De plus en plus de médias l’utilisent, Internet en premier lieu. C’est l’avenir des vidéos sur le web. Pour l’instant le métier était encore un peu expérimental et regroupait des passionnés d’images et de vidéos, de bidouilleurs, mais la tendance est à la professionnalisation de ce métier.

Des sites d’apprentissages de technique du motion design comme www.videocopilot.net montrent à la fois la démocratisation du motion design et l’engouement pour cette discipline. La mise sur le marché d’appareils très modernes et adaptés au motion design, comme le canon 5D, à la fois appareil photo réflexe et camera HD full frame, fait évoluer le métier vers des images se rapprochant de plus en plus du clip musical, des effets spéciaux, du cinéma.

Quel conseil donneriez vous à un jeune qui serait indécis, hésitant à se lancer dans une carrière artistique?

Je donnerais comme conseil de toujours suivre sa passion, de persévérer. J’ai toujours su que j’étais destiné à exercer un métier dans le domaine artistique et c’est ce que je fais tous les jours à VP. Il faut aussi savoir que cela représente une quantité incroyable de travail et d’investissement personnel, mais quand on a une réelle passion, rien n’est impossible !