logo


Vous êtes ici : Les Métiers du Dessin » portfolio » Marina Roel, Directrice artistique
Poste actuel:Directrice Artistique, animatrice et illustratrice
Date:décembre 17, 2014

Marina Roel, Directrice artistique

Directrice artistique : Marina Roel, Iboo interactive

 

Q

uels ont été vos tous premiers rapports avec le dessin ? Votre formation et vos diplômes en quelques mots ?

 

Je gribouille depuis toute petite, un peu partout et même sur mes feuilles de cours au grand désespoir des professeurs. J’ai vraiment commencé à m’interroger sur le fait d’en faire une carrière en seconde, bien qu’au début on m’ait fortement découragée à en faire mon métier (surtout de la part de l’enseignement général).

Mes parents m’ont néanmoins soutenue à continuer dans le dessin (tous les deux l’ayant également envisagé plus jeunes) et c’est comme cela que j’ai découvert l’existence de l’école Emile Cohl en classe de première.

Après avoir eu mon baccalauréat, option ES, je ne pensais pas avoir le niveau en dessin (une visite de l’école et de ses couloirs m’avait un peu effrayée) du coup j’ai enchaîné avec une année d’école préparatoire aux grandes écoles d’art. J’ai finalement été admise à l’école Emile Cohl l’année suivante.

Ma formation à l’école s’est très bien passée, j’ai toujours été quelqu’un d’assez appliqué et travailleur, ce qui a été un grand atout je pense. Bien que j’aie toujours eu l’impression de ne pas être au niveau par rapport aux autres, je me suis accrochée comme j’ai pu et  obtenu mon diplôme option Dessin Animé en 2010.

 

V

otre profession ? Comment s’est déroulée votre première journée de travail ou encore votre entrée dans le monde du travail ?

 

C’est toujours difficile pour un jeune diplômé de trouver ses marques et faire sa place dans le monde du travail. À la sortie de l’école j’ai tout de suite trouvé un boulot dans une jeune entreprise qui promettait de m’embaucher après 3 mois, seulement il est assez difficile d’estimer correctement son succès quand on est une start-up… du coup après 5 mois de travail chez eux et toujours sans pronostic d’embauche j’ai décidé de partir et de me lancer à mon compte.

J’avais découvert à ce moment-là le livre interactif (histoires sur tablettes mêlant animations, illustrations et jeu) et je me suis prise de passion pour ce nouveau média. J’ai pu également rencontrer ma première associée au cours de cet emploi, qui était développeuse, et avec qui nous avons pu lancer nos tous premiers jeux.

 

V

ous avez créé votre propre entreprise à la sortie de l’école : Iboo interactive. Comment cela s’est-il passé ? Cela a-t-il été facile ? Quelles sont les difficultés ?

La création d’une société est loin d’être simple. À vrai dire, nous n’en avions pas vraiment conscience au début, on avait juste envie de développer nos projets et faire ce qui nous tenait à cœur.

La première chose importante quand on crée une boîte c’est d’être passionné ! Parce que quand les affaires ne sont pas faciles, c’est un peu la seule chose qui vous tient sur les rails.

La deuxième difficulté est de trouver les bonnes personnes avec qui créer la structure. Au début nous étions 3, Etienne Guiol (un camarade de promotion), Tingwei (la développeuse) et moi-même. On s’est séparés de Tingwei au bout d’un an car elle était chinoise et a dû trouver un emploi fixe afin de pouvoir rester en France. Etienne est resté deux ans dans la boîte, puis il est parti pour pouvoir créer sa propre société dans les arts du spectacle.

Aujourd’hui je suis toute seule à gérer Iboo Interactive et je suis à la recherche d’un autre associé pour me seconder.

La troisième chose importante est de choisir le bon marché. Nous nous sommes lancés dans la création de livres interactifs sur tablettes, un marché encore très jeune et instable. Après 1 an et demi, on a réalisé qu’il n’était pas vraiment rentable, donc on a commencé à faire un peu de dessin animé afin de faire tourner la boîte.

Maintenant je fais beaucoup d’animation et me consacre aux livres interactifs quand j’ai du temps (et de la trésorerie), cela ralentit pas mal leur finalisation ! Si nous avions anticipé cela au début, nous aurions sûrement fait autrement, afin de trouver un bon équilibre entre les deux.

 

 

E

n quoi consiste exactement ce métier ? Ses étapes ? Ses outils ? Pourriez-vous me décrire une semaine type ?

 

Il n’y a pas de semaine type ! Chaque jour est très différent selon les projets qu’on porte. Il m’arrive de passer une semaine à 14 heures par jour devant mon ordinateur pour finaliser une commande d’animation, et la semaine suivante j’aurais des journées de 7 heures pendant lesquelles je vais être tout le temps dehors à voir des clients ou assister à des événements.

Je fais également des interventions dans les écoles afin d’enseigner le dessin animé, donc ces journées là sont aussi très différentes des autres.

 

Q

uels sont les avantages et ouvertures que propose ce métier ? De même pour les inconvénients et les limites…

 

Les avantages c’est qu’on ne s’ennuie quasiment jamais… mes projets changent toutes les deux ou trois semaines, parfois j’en fais trois à la fois, ce qui est vraiment motivant. Et puis les possibilités d’évolutions sont énormes, rien de comparable quand on est salarié !

De plus, je jongle également  avec l’illustration, l’animation, le game design… et la compta. C’est aussi une contrainte car je dois souvent m’improviser commerciale, comptable ou même juriste !

 

Q

uels sont les métiers qui gravitent autour du vôtre? Les collaborations sont-elles courantes ?

 

Les collaborations sont indispensables. Je travaille avec des illustrateurs ( Eglantine Ceulemans, Cédric Babouche , Élodie Lauretdes animateurs (Blandine Leroy, Melissa Plantaz ) des ingénieurs son, des comédiens (pour les captations de voix), des musiciens, des développeurs et même un community manager.

Dans chaque catégorie il y a encore d’autres types de métiers (illustrateur de BD, jeunesse, ou encore développeur web ou tablettes) donc je vois des gens différents un peu tous les jours ce qui est très enrichissant.

 

 

Q

ui sont vos clients ?

 

En animation mes clients sont des entreprises ayant besoin de films animés afin d’expliquer leur activité. Ça peut être n’importe quel type d’entreprise (d’où un marché solide) allant du petit atelier de création de mobilier à la multinationale de fabrication de fromages, en passant par la start-up du web ou encore le Stade de France.

En illustration je travaille avec des éditeurs jeunesse et des développeurs de jeux (création de personnages et décors)

Sinon on fait les livres interactifs sur fonds propres donc on s’attelle aux dossiers de demande de subventions de la région ou du CNC.

 

Q

uel est le lien qui unit ce métier au dessin ?

 

À peu près toutes nos créations comportent du dessin ! Qu’il soit traditionnel, numérique ou en 3D, on dessine sur tablette ou au crayon, ça dépend des projets.

On utilise le dessin dès les premiers échanges avec le client, d’abord pour faire un story-board, puis pour les premières propositions graphiques et tout le reste du projet.

 

Q

uels sont vos revenus ? Sont-ils fixes ?

 

Mes revenus se situent en gros entre 800 et 1300 € par mois. Ils ne sont jamais fixes, et parfois vraiment variables, tout dépend du projet que l’on fait (et du nombre de projets).

Le tout est d’arriver à doser entre les mois remplis et les mois difficiles.

 

Q

uelle satisfaction personnelle tirez-vous de votre profession ? Quelle est votre œuvre la plus laborieuse ? Votre œuvre la plus réussie ?

 

Ma satisfaction est d’avoir une société qui a bientôt à trois ans, et d’avoir des projets toujours différents réalisés avec des équipes super compétentes et toujours accomplis (presque) sans accroches.

Notre œuvre la plus laborieuse à été pour le moment Moutcho et Pitrouille, le livre interactif phare de ma société qui a nécessité l’aide de la région Rhône alpes (et donc la demande de cette aide).

Je pense aussi que c’est notre œuvre la plus réussie, je dis notre car on était une équipe de 7 personnes à travailler sur ce projet.

 

Q

uel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui serait indécis, hésitant à se lancer dans une carrière artistique ?

 

Quand on aime ce qu’on fait on arrive toujours à en vivre.