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La bande dessinée en quelques chiffres

Le 9e art tient une place importante dans le monde du livre. Selon l’institut d’études de marché GfK, près de 43 millions d’albums de bande dessinée se vendent chaque année en France,  pour un chiffre d’affaires de 500 millions d’euros.

Le secteur de la BD produit constamment de nouveaux titres. Chaque année, ce sont plus de 5.000 nouvelles publications qui viennent s’ajouter aux catalogues des éditeurs, dont près de 4.000 nouveautés (contre 700 dans les années 80) et 1.000 rééditions.

Plus de 380 éditeurs occupent le marché francophone européen de la bande dessinée, qui est concentré dans les mains d’un petit nombre d’acteurs. Selon l’Association des critiques et journalistes de bande dessinée (ACBD), plus des deux tiers de la production d’albums sont réalisés par 15 groupes ou maisons d’édition.

Longtemps tenue pour un genre mineur, associé tantôt au divertissement pour enfants, tantôt aux modes d’expression de la contre-culture, la BD est aujourd’hui une discipline artistique à part entière, qui touche des publics très diversifiés. Livres pour la jeunesse, romans graphiques, récits biographiques ou autobiographiques, BD alternative, mangas et comics ont développé un langage et une esthétique propres, faisant l’objet d’essais et de travaux universitaires.

A côté des récits de fiction imprimés, diffusés en librairies, l’offre de bande dessinée existe aussi sur internet, mais où les ventes sont plus aléatoires. Selon l’ACBD, plusieurs éditeurs imaginent de combiner les formats papier et numérique. Ils tiennent notamment compte de l’effervescence des réseaux sociaux, où les auteurs les plus influents réalisent des audiences de plusieurs dizaines de milliers de lecteurs réguliers.

L’apparition de la bande dessinée documentaire marque aussi un tournant en matière de création. Des revues indépendantes, tout comme des publications à vocation d’utilité publique, font de plus en plus appel aux dessinateurs pour atteindre des objectifs d’information, de sensibilisation ou de vulgarisation scientifique.

Les œuvres de bande dessinée donnent parfois lieu à des adaptations audiovisuelles, cinématographiques ou littéraires. Certaines rejoignent aussi les salles de ventes aux enchères du marché de l’art contemporain. L’ACBD estime à une centaine le nombre des auteurs cotés.

La situation économique et sociale des dessinateurs et auteurs de bandes dessinées est cependant précaire pour une majorité d’entre eux : 53 % disent toucher un revenu inférieur au Smic brut, selon l’enquête 2016 des Etats généraux de la bande dessinée (EGBD), association présidée par le scénariste et universitaire Benoît Peeters. L’EGBD s’était basée sur les déclarations de 1.500 répondants. Elle a évalué à près de 25.500 euros le revenu annuel moyen des auteurs, dont seul un petit nombre sont des professionnels installés : un peu plus de 1.400 auteurs ayant au moins trois albums au catalogue d’éditeurs réputés et un contrat en cours, ou bien un emploi régulier dans la presse ou l’illustration.

On estime que 8 auteurs sur 10 exercent d’autres activités connexes, le plus souvent dans les domaines de l’enseignement, de la presse ou dans un domaine artistique et culturel, par exemple en dessin animé ou jeu vidéo.